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Comprendre l'hypnose

L'Hypnose ça s'apprend

Vous avez essayé l'autohypnose une ou deux fois et vous vous dites : 'Je ne suis pas doué pour ça, ça ne marche pas sur moi' ? C'est comme dire qu'on n'est pas fait pour le vélo après être tombé les deux premières fois.

· Christophe Chaumet

Vous avez essayé l’autohypnose une ou deux fois et vous vous dites : « Je ne suis pas doué pour ça, ça ne marche pas sur moi » ?

Je comprends cette frustration, je l’ai entendue de nombreuses fois dans mon cabinet. Mais laissez-moi vous rassurer avec une comparaison simple : c’est comme dire qu’on n’est pas fait pour faire du vélo après être tombé les deux premières fois.

Après avoir accompagné de très nombreux patients dans l’apprentissage de l’autohypnose, j’ai une certitude : tout le monde peut y arriver.

Mais comme pour tout apprentissage — conduire, nager, jouer d’un instrument — il faut accepter qu’il y ait une courbe d’apprentissage. Et surtout, il faut de la patience avec soi-même.

Souvenez-vous quand vous avez appris le vélo. Certains enfants montent dessus et roulent en dix minutes, d’autres ont besoin de plusieurs semaines avec les petites roues, puis sans, en tenant la selle, puis en lâchant progressivement.

Sont-ils moins intelligents ? Moins capables ? Bien sûr que non ! Ils ont simplement un rythme différent, une façon différente d’intégrer un nouvel apprentissage.

Pour l’autohypnose, c’est exactement pareil. Dans ma pratique, j’ai vu de très nombreux patients réussir à entrer par eux-mêmes en état hypnotique dès leurs premières tentatives, et d’autres qui avaient besoin de trois, quatre, parfois cinq séances de pratique personnelle pour vraiment sentir qu’ils maîtrisaient cette capacité d’auto-induction.

Ce qui compte, ce n’est pas la vitesse d’apprentissage, c’est la persévérance.

Chaque tentative, même si vous avez l’impression que « rien ne se passe », développe vos capacités. C’est comme muscler votre aptitude à entrer dans cet état particulier.

De plus, l’autohypnose est un processus inconscient — vous ne pouvez pas le décider consciemment. C’est comme pour dormir : vous ne vous dites pas « je veux dormir » et pouf, vous dormez, n’est-ce pas ? Pour faire de l’autohypnose, il faut savoir attendre que l’inconscient vous amène dans cet état. Il faut juste vous entraîner, puis vous mettre dans les conditions adéquates et laisser faire votre esprit.

L’erreur classique du débutant

Une chose fascinante que j’ai observée lors de mes sessions de formation à l’autohypnose : de nombreux participants me disaient « Je n’y arrive pas, je ne sens rien. »

Pourtant, en les observant, je voyais clairement les signes physiques de l’état hypnotique : changement de couleur de la peau, immobilité particulière du corps, modification du rythme respiratoire…

Le problème ? Ils s’attendaient à ressentir des phénomènes spectaculaires comme la catalepsie, la lévitation du bras, ou des sensations de dissociation. Comme ces manifestations n’apparaissaient pas, ils pensaient échouer.

En réalité, ils étaient bel et bien entrés dans l’état hypnotique, mais ils ne le savaient pas ! L’hypnose ne s’accompagne pas toujours de sensations particulières.

Si vous doutez d’avoir été en hypnose, filmez-vous en gros plan pendant votre séance, puis regardez l’enregistrement après. Observez notamment les changements au niveau de la couleur de votre peau et l’immobilité particulière de votre corps. Vous pourriez être surpris de découvrir que vous étiez effectivement en hypnose sans le savoir.

Une compétence pour la vie

Comme pour le vélo, une fois que vous maîtrisez l’autohypnose, c’est acquis pour la vie. Vous aurez toujours cet outil à votre disposition.

Dans mes livres, je détaille cette progression étape par étape, avec des techniques adaptées aux débutants comme aux plus expérimentés.

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