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Comprendre l'hypnose

L'inconscient

Qu'est-ce que l'inconscient ? Son rôle, ses propriétés, et pourquoi il est un allié plutôt qu'une force à craindre.

Si l’hypnose et l’hypnothérapie fonctionnent, c’est parce qu’elles donnent accès à une partie de l’esprit qui travaille en permanence, sans intervention de la volonté consciente : l’inconscient.

Qu’est-ce que l’inconscient ?

Il est difficile d’en donner une définition parfaitement précise — la limite entre conscient et inconscient reste d’ailleurs assez floue. Une image classique consiste à comparer l’esprit à un iceberg : la partie émergée, visible, correspond au conscient ; tout ce qui se trouve sous la surface, largement invisible mais bien plus volumineux, correspond à l’inconscient.

Une autre façon de le concevoir, empruntée à l’informatique, est de comparer le corps au matériel (le “hardware”) et l’esprit au logiciel (le “software”). Dans ce logiciel, l’inconscient jouerait le rôle du système d’exploitation, tandis que le conscient correspondrait aux programmes applicatifs qui tournent par-dessus.

Un terme aux racines anciennes

La notion d’inconscient est ancienne et ne fait pas l’objet d’un consensus définitif, que ce soit en philosophie ou en psychologie. Le terme voisin de “subconscient”, lui, a une origine plus précise : il a été forgé par le psychologue français Pierre Janet, qui le présenta en 1909 lors du sixième congrès international de psychologie à Genève. Janet tenait à distinguer le subconscient, notion clinique issue de son travail sur l’hystérie, de l’inconscient, notion plus philosophique. Dans l’usage courant, ces distinctions se sont largement estompées, et le terme “inconscient” est aujourd’hui utilisé de façon plus large, pour désigner toute pensée, action ou phénomène qui échappe à la volonté consciente.

L’inconscient au quotidien

La plupart de nos actes sont en réalité pilotés par l’inconscient. En marchant, personne n’a conscience d’activer chaque muscle l’un après l’autre — c’est l’inconscient qui s’en charge. Il en va de même pour l’écriture, ou pour toute tâche routinière effectuée “en pensant à autre chose” : pendant que la conscience est ailleurs, c’est bien l’inconscient qui garde le contrôle.

Les informations en provenance du corps sont elles aussi d’abord traitées par l’inconscient. Une sensation, une odeur ou un bruit peut ainsi sembler désagréable avant même que l’on comprenne consciemment de quoi il s’agit.

Quelques propriétés de l’inconscient

Il est toujours actif, même pendant le sommeil. Un bruit soudain est perçu, analysé et comparé à ce qui est jugé normal avant que l’inconscient ne décide, ou non, de provoquer le réveil. De la même façon, en hypnose profonde, alors même que la conscience s’est mise en retrait, l’inconscient reste présent, à l’écoute.

Il contient la mémoire de l’ensemble de notre vécu, y compris ce que l’on croit avoir oublié. L’état hypnotique permet parfois d’accéder à certaines de ces mémoires, pour mieux comprendre — et parfois résoudre — des difficultés présentes.

Il est possible de communiquer avec lui. C’est précisément cette découverte, à la fin du XIXe siècle, qui est à l’origine de la psychothérapie moderne : en état hypnotique, il devient possible d’accéder à certains processus psychiques inconscients, de les comprendre, et parfois de les faire évoluer.

Un allié, pas un adversaire

Contrairement à une idée reçue, largement héritée de la psychanalyse freudienne ou de croyances populaires plus anciennes, l’inconscient n’a rien d’une force hostile ou incontrôlable. Son rôle est de permettre de vivre au mieux de ses capacités, en s’appuyant sur l’ensemble des expériences accumulées au fil d’une vie. Ses intentions sont fondamentalement bienveillantes — un peu comme un organe du corps qui, en cas de douleur, ne “veut” pas de mal : c’est plutôt un dysfonctionnement ponctuel, ou une cause extérieure, qui est à l’origine de la souffrance ressentie.

Autrement dit, quand l’inconscient semble poser problème, ce sont généralement les moyens qu’il emploie pour atteindre une intention par ailleurs positive qui produisent des effets secondaires gênants — pas l’intention elle-même.

Pourquoi certaines personnes craignent-elles leur inconscient ?

Il arrive que des personnes se coupent volontairement de cette partie d’elles-mêmes par crainte, ce qui a plutôt tendance à aggraver leurs difficultés. Plusieurs peurs reviennent fréquemment :

  • La peur de l’inconnu — on redoute naturellement ce que l’on ne comprend pas. S’informer auprès de sources fiables permet généralement de désamorcer cette crainte.
  • La peur de “découvrir qu’on est fou” — la plupart des difficultés psychologiques n’ont pas de cause physiologique et n’ont rien à voir avec une pathologie mentale grave. Dans les cas plus sérieux, mieux vaut identifier précisément ce dont on souffre, en consultant un psychiatre si nécessaire, plutôt que de laisser une situation se dégrader dans l’ignorance.
  • La peur de souffrir en abordant un sujet douloureux — alors que l’hypnose permet justement, dans bien des cas, de travailler sur un problème sans en raviver la charge émotionnelle. C’est l’une des forces de l’hypnothérapie : il est possible d’aborder un sujet difficile en gardant une certaine distance avec la souffrance qui y est associée.

Ces craintes reposent le plus souvent sur des croyances erronées quant à ce qu’est réellement l’inconscient — une meilleure compréhension de son fonctionnement suffit généralement à les apaiser.

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